Distribution-iode

6 RÉFLEXES POUR BIEN RÉAGIR
EN CAS D’ALERTE NUCLÉAIRE

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

Rejoignez sans délai un bâtiment en dur. Si vous êtes déjà dans un bâtiment, isolez-vous de l’extérieur : fermez portes et fenêtres et coupez la ventilation. Si vos enfants sont à l’école au moment de l’alerte, ils seront mis à l’abri par les enseignants.

Que faire si j’ai des animaux ?

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

Respectez les consignes de protection des pouvoirs publics (prise d’iode par exemple) diffusées par la radio (France Bleu, France Info, etc.), la télévision (France Télévisions) et le site Internet de votre préfecture. Pensez à vous doter, auparavant, d’une radio à piles et de piles de rechange.

 

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

 

 

Restez à l’abri. À l’école, vos enfants sont pris en charge par leurs enseignants.

 

 

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

 

Ne saturez pas les réseaux de communication. Ils sont nécessaires à l‘organisation des secours et à la transmission d’informations.

 

 

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

La dose d’iode stable doit être prise uniquement et immédiatement à la demande du préfet et en respectant la posologie suivante :

  • À partir de 12 ans (adulte, y compris les femmes enceintes) : 2 comprimés d’iode (130 mg) ;
  • Enfant de 3 à 12 ans : 1 comprimé d’iode (65 mg) ;
  • Enfant de 1 mois à 3 ans : ½ comprimé d’iode (30 mg) ;
  • Nourrisson (jusqu’à 1 mois) : ¼ de comprimé d’iode (15 mg).

Que faire si j’ai des animaux ?

Picto réflexe numéro 1 en cas d'alerte nucléaire

Munissez vous du kit d’urgence que vous aurez préparé au préalable : il comprend en particulier vos papiers personnels, vos éventuels traitements médicaux, des vêtements, de la nourriture et des boissons. Lors de l’évacuation, respectez les consignes de circulation.

Que faire si j’ai des animaux ?

En savoir + sur la préparation du kit d’urgence

 

Pourquoi une alerte nucléaire ?

L’alerte est déclenchée quand un événement dans une centrale nucléaire est susceptible d’entraîner des rejets radioactifs, notamment de l’iode, et d’avoir des conséquences sur la population présente à proximité.

QUI EST CONCERNÉ PAR LA DISTRIBUTION D’IODE ?

Qu'est-ce qu'une zone PPI ?

Le plan particulier d’intervention (PPI) contient des dispositions particulières (mise à l’abri, prise d’iode, etc.) afin de protéger les populations.

Auparavant, la zone concernée par le PPI correspondait à la zone située dans un rayon de 10 kilomètres autour d’une centrale nucléaire. En 2016, l’État a décidé d’étendre ce rayon à 20 km, de nouveaux PPI sont en cours de mise en œuvre. En 2019, une campagne de distribution complémentaire d’iode aura lieu pour les personnes résidant dans la zone située entre 10 et 20 km.

Extension du Plan particulier d’intervention (PPI)

La couverture des Plans particuliers d’intervention (PPI) autour des 19 centrales nucléaires françaises est étendue de 10 à 20 km.

Pourquoi l’aire du PPI est-elle étendue ?

L’extension du rayon du PPI de 10 km à 20 km permet d’améliorer la réactivité des pouvoirs publics (communes, préfectures, etc.) et de mieux sensibiliser et préparer la population à réagir en cas d’alerte nucléaire.

Qui est concerné par cette extension ?

Les habitants et les établissements recevant du public (ERP) : écoles, commerces, entreprises, administrations, etc. des communes situées dans le rayon de 10 à 20 kilomètres autour des 19 centrales nucléaires françaises, soit environ 2 200 000 personnes, 204 400 ERP dont 1 800 écoles, répartis sur près de 1 100 communes et 33 départements.

Quelles sont les conséquences concrètes de cette extension ?

Les habitants de la zone 10 à 20 km disposent désormais d’un dispositif de prévention spécifique.
Les 1 100 communes concernées rédigent un Plan communal de sauvegarde (PCS) visant à organiser la protection des personnes et des biens.

En septembre 2019, des comprimés d’iode vont être mis à disposition des habitants, des établissements recevant du public et des établissements scolaires de votre commune. La distribution préventive s’effectuera dans les pharmacies. Elle est accompagnée d’une campagne d’information visant à présenter et à expliquer aux riverains la conduite à tenir en cas d’alerte nucléaire, ainsi que les modalités de retrait des comprimés d’iode.

Plus d’information

N° Vert (appel Gratuit) : 0 800 96 00 20

Saisissez votre code postal

Vous êtes en zone PPI
Vous n'êtes pas en zone PPI

Si vous habitez dans cette zone, une campagne de distribution a eu lieu en 2016.

Les comprimés ont une validité de 7 ans. Si vous êtes nouvel arrivant, vous pouvez vous procurer des comprimés dans une pharmacie proche de votre domicile, sur présentation d’un justificatif de domicile.

En savoir + sur les centrales nucléaires EDF

En 2019, une campagne de distribution complémentaire d’iode sera organisée selon les mêmes modalités que la campagne 0-10 km.

En savoir + sur les centrales nucléaires EDF

Au-delà, les pouvoirs publics ont constitué des stocks territoriaux de comprimés d’iode, mobilisables en situation d’urgence, pour couvrir les besoins de la population française. Les plans ORSEC iode départementaux décrivent les modalités de distribution des comprimés.

En savoir + sur les centrales nucléaires EDF

Votre commune est partiellement intégrée à la nouvelle aire PPI 10-20km.

Si vous êtes concerné(e) par la campagne complémentaire, un courrier avec bon de retrait vous sera adressé pour vous inciter à retirer vos comprimés d'iode en pharmacie.

En savoir + sur la liste des communes à distribution partielle

En savoir + sur les centrales nucléaires EDF

LES COMPRIMÉS D’IODE

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Les campagnes de distribution des comprimés d’iode ont pour objectif de mettre à disposition des populations riveraines des centrales nucléaires des comprimés d’iode stable permettant de protéger leur thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

Ces campagnes de distribution ont lieu régulièrement depuis 1997 et concernent ce qu’on appelle la zone « PPI ».

La campagne de distribution d’iode 2019 concerne les habitants et les établissements recevant du public (ERP) : écoles, commerces, entreprises, administrations, etc. des communes situées dans le rayon de 10 à 20 kilomètres autour des 19 centrales nucléaires françaises, soit environ 2 200 000 personnes, 204 400 ERP dont 1 800 écoles, répartis sur près de 1 100 communes et 33 départements.

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Où se procurer des comprimés d’iode ?

Si vous résidez dans le rayon entre 0 et 10 kilomètres autour d’une centrale nucléaire et que vous n’avez pas retiré vos comprimés lors de la campagne 2016, vous pouvez retirer vos comprimés dans une pharmacie participant à l’opération. Un simple justificatif de domicile à présenter suffit.

Si vous résidez, ou êtes implantés, dans l’aire PPI 10-20 kilomètres, que vous soyez riverain, chef d’entreprise, responsable d’un établissement recevant du public [ERP], un courrier contenant un bon de retrait vous sera envoyé en septembre 2019. Grâce à ce bon, vous pourrez retirer gratuitement vos comprimés d’iode dans une pharmacie participant à l’opération.

POURQUOI DES COMPRIMÉS D’IODE ?

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La prise de comprimés d’iode stable est un moyen de protéger efficacement la thyroïde contre les effets des rejets d’iode radioactif qui pourraient se produire en cas d’accident nucléaire.

L’iode est en effet un oligo-élément naturel, indispensable au fonctionnement de la thyroïde. On le retrouve dans l’eau et les aliments que nous consommons. Les comprimés d’iode sont des médicaments fabriqués avec de l’iode comparable à celui qui se trouve dans la nature et dans l’alimentation : on l’appelle l’iode stable.

En cas d’accident nucléaire, le rejet d’iode radioactif dans l’atmosphère pourrait constituer un risque sanitaire significatif pour la population. Respiré ou avalé, l’iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et pourrait accroître le risque d’apparition de cancer de cet organe, surtout chez les enfants. L’iode stable sature la glande qui ne peut plus capter ou fixer l’iode radioactif.

Prendre ses comprimés d’iode sur ordre du préfet fait partie des actions de protection des populations en cas d’alerte avec l’évacuation et la mise à l’abri. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement concernés par cette mesure.

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PAROLES D’EXPERTS

Les 6 réflexes

Philippe Le Moing-Surzur, sous-directeur de la planification et de la gestion des crises au ministère de l’Intérieur, développe les 6 réflexes pour bien réagir en cas d’accident nucléaire.

La protection des agents EDF

Le Dr Bernard Le-Guen, Directeur Délégué Affaires Internationales, ancien Directeur de la radioprotection du parc nucléaire EDF, nous parle de la protection des agents des centrales nucléaires EDF.

Pourquoi une campagne ?

Alain Delmestre, directeur général adjoint de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), nous explique l’intérêt d’une campagne de distribution d’iode.

Pourquoi l’iode ?

Le Pr Martin Schlumberger, chef du service de médecine nucléaire à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy, nous explique l’intérêt médical de l’iode et son utilisation.

La mobilisation des citoyens

Alain Delmestre, directeur général adjoint de l’ASN nous parle de l’importance de la mobilisation et de la sensibilisation des citoyens autour des actions à entreprendre en cas d’alerte nucléaire.

EDF engagé dans la sûreté nucléaire

Antoine Assice, directeur sûreté du parc nucléaire d’EDF, nous explique comment est organisé EDF pour assurer la sécurité des installations.

Le rôle des maires

Jean-Michel Catelinois, maire de Saint-Paul-Châteaux et membre de l’Association des représentants des communes d’implantation des centrales et établissements nucléaires, nous explique le rôle majeur des maires dans la campagne de distribution d’iode 2016.

LES ACTEURS

Le préfet

Le préfet

Le préfet est le directeur des opérations de secours. En cas de crise nucléaire, il décide, dans le cadre du Plan Particulier d’Intervention (PPI), des actions de protection de la population (mise à l’abri, évacuation, ingestion de comprimés d’iode, interdictions alimentaires). Le préfet est un acteur important de la campagne de distribution d’iode 2019.

Le maire

Le maire

Le maire est le premier responsable de la sécurité civile dans sa commune. En cas de crise nucléaire, il agit sous la direction du préfet. Le maire est un relais important de la campagne de distribution d’iode 2019 auprès de ses concitoyens.

Le pharmacien

Le pharmacien

Les pharmaciens participant à l’opération dispensent gratuitement les boîtes de comprimés d’iode nécessaires à votre famille et/ou votre établissement, sur remise de votre bon de retrait nominatif. En l’absence de celui-là, ils le feront sur présentation d’un justificatif de domicile. Ils vous donneront les conseils associés, n’hésitez pas à les questionner…

Le médecin

Le médecin

Votre médecin généraliste connaît les risques médicaux en cas d’accident nucléaire, il a été informé de l’organisation de la campagne de distribution d’iode 2016. Il connaît les modalités de retrait du médicament en pharmacie et les conditions de prise de ce traitement en cas de besoin. Il pourra vous donner des renseignements utiles.

Autorité administrative indépendante, l’ASN assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires. Elle contribue à l’information des citoyens. L’ASN s’appuie sur l’expertise de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

L’IRSN est l’expert public national des risques nucléaires et radiologiques. Il concourt aux politiques publiques en matière de sûreté nucléaire et de protection de la santé et de l’environnement au regard des rayonnements ionisants. Organisme de recherche et d’expertise, il agit en concertation avec les acteurs concernés par ces politiques, tout en veillant à son indépendance de jugement.

EDF est le premier responsable de la sûreté de ses centrales nucléaires. De la conception à l’exploitation de ses centrales, EDF met en œuvre toutes les dispositions techniques, humaines et organisationnelles pour prévenir les accidents et ainsi protéger, en toutes circonstances, la population et l’environnement.

Les Commissions Locales d'Information

Les Commissions Locales d'Information

34 CLI existent autour des installations nucléaires en France. Ce sont des instances de débat et d’expression pluralistes qui ont une mission de suivi, d’information et de concertation en matière de sûreté, de radioprotection et d’impact des activités nucléaires sur les personnes et l’environnement. Les CLI sont fédérées au sein de l’Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information (ANCCLI).

Le ministère de l’Intérieur est chargé de la sécurité intérieure, de l’administration du territoire et des libertés publiques. À ce titre, il est notamment responsable de la protection des populations riveraines des centrales nucléaires françaises.

La Direction Générale de la Santé (DGS) du ministère chargé de la santé prépare et met en œuvre la politique de santé publique en particulier afin de protéger la population des menaces sanitaires. Elle veille notamment à garantir la capacité du système de santé à détecter, analyser et gérer les alertes et les situations sanitaires exceptionnelles.

 

Au sein du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR), la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) élabore la politique éducative et pédagogique et assure la mise en œuvre des programmes d’enseignement des écoles, des collèges, des lycées et des lycées professionnels.

 

FAQ

À quels risques suis-je exposé(e) ?

Qu’est-ce qu’un accident nucléaire ?

Un accident nucléaire est un événement risquant d’entraîner une libération de substances radioactives dans l’environnement susceptibles de porter atteinte à la santé publique. L’origine d’un accident peut provenir :

  • de l’exploitation d’une installation nucléaire de base (INB) ;
  • du transport de substances radioactives ;
  • du domaine du nucléaire de proximité (médical, industriel, etc.).

Ces situations d’urgence affectant des activités nucléaires peuvent également présenter des risques non radiologiques, tels que l’incendie.

Quels sont les principaux scénarios d’accident nucléaire ?

Dans une centrale nucléaire, deux grandes familles d’accidents peuvent conduire à des rejets de substances radioactives dans l’environnement. Elles présentent des caractéristiques très différentes, notamment la rapidité, la durée et l’intensité des rejets radioactifs.

La première famille consiste en un relâchement dans l’environnement d’une partie de l’eau du circuit primaire qui est utilisée pour refroidir le combustible nucléaire. Cette eau, en contact avec le cœur du réacteur nucléaire, se contamine plus ou moins lors du fonctionnement du réacteur. Certains accidents conduisent à des fuites d’eau contaminée qui se vaporise dans l’environnement. Ce sont des accidents au déroulement très rapide pour lesquels les rejets dans l’environnement débutent quelques minutes après la rupture du circuit primaire. Les rejets sont généralement de courte durée (quelques minutes) et de faible intensité. Cependant, si l’eau du circuit primaire est notablement contaminée, les conséquences du rejet peuvent conduire l’exploitant de la centrale nucléaire à déclencher aussi vite que possible les sirènes PPI pour indiquer à la population de se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur afin de limiter son exposition.

L’autre famille d’accident est caractérisée par un défaut de refroidissement du cœur du réacteur conduisant à sa dégradation sous l’effet de la chaleur (fusion des éléments combustibles) et au relâchement dans l’enceinte de confinement d’une grande quantité d’éléments radioactifs. Les enceintes de confinement des réacteurs nucléaires sont des structures très robustes qui vont contenir la plus grande partie de ces éléments. Néanmoins, ces structures ne sont pas complètement étanches et un faible rejet radioactif serait détecté dans l’environnement après la dégradation du cœur. Cet accident conduirait les pouvoirs publics à déclencher le PPI et à évacuer dans un premier temps les personnes dans un rayon de 5 km autour de la centrale pour les soustraire aux conséquences du rejet qui pourrait se prolonger plusieurs jours.

Dans une situation aggravée, l’exploitant pourrait être obligé, après quelques jours, de faire baisser la pression dans l’enceinte de confinement du réacteur pour éviter qu’elle ne se dégrade. Cette opération, concertée et différée, aurait pour conséquence un relâchement important de gaz radioactifs dans l’environnement nécessitant d’étendre au préalable les actions de protection des personnes.

Comment est pris en compte le risque d’accident nucléaire dans les centrales françaises ?

Le principal moyen de prévenir les accidents et de limiter leurs conséquences éventuelles est la « défense en profondeur ». C’est le fondement de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. Elle consiste à mettre en œuvre des dispositions techniques, humaines et organisationnelles (parfois appelées « lignes de défense »). En cas de défaillance d’un niveau de protection, le niveau suivant prend le relais. Un élément important pour l’indépendance des niveaux de défense est la mise en œuvre de technologies de natures différentes (systèmes « diversifiés »). La conception d’une installation nucléaire est fondée sur une démarche de défense en profondeur. Pour les réacteurs nucléaires, on définit les cinq niveaux suivants :

  • 1.Prévention des anomalies de fonctionnement et des défaillances des systèmes : il s’agit en premier lieu de concevoir et de réaliser l’installation d’une manière robuste et prudente, en intégrant des marges de sûreté et en prévoyant une résistance à l’égard de ses propres défaillances ou des agressions.
  • 2.Maintien de l’installation dans le domaine autorisé : il s’agit de concevoir, d’installer et de faire fonctionner des systèmes de régulation et de limitation qui maintiennent l’installation dans un domaine très éloigné des limites de sûreté.
  • 3.Maîtrise des accidents sans fusion du cœur : il s’agit ici de considérer que certains accidents, choisis pour leur caractère « enveloppe », c’est-à-dire les plus pénalisants d’une même famille, peuvent se produire et de dimensionner des systèmes de sauvegarde permettant d’y faire face.
  • 4.Maîtrise des accidents avec fusion du cœur : il s’agit soit d’exclure ces accidents, soit de mettre en place des mesures permettant d’en limiter les conséquences.
  • 5.Limitation des conséquences radiologiques en cas de rejets importants : il s’agit de la mise en œuvre des plans d’urgence incluant des actions de protection des personnes : mise à l’abri, ingestion de comprimés d’iode stable pour saturer la thyroïde avant qu’elle ne puisse fixer l’iode radioactif rejeté, évacuation, restrictions de consommation d’eau ou de produits agricoles, etc.

Quelle est la probabilité d’un accident nucléaire en France ?

La probabilité d’un accident nucléaire en France demeure faible, grâce aux dispositions complémentaires, tant au niveau de la sécurité que de la sûreté, qui s’appliquent aux installations nucléaires.

Les principaux acteurs de ce dispositif complet sont :

  • EDF, en tant qu’exploitant, est le premier responsable de la sûreté de ses installations et doit en assurer le bon fonctionnement. De la conception à l’exploitation, EDF met en œuvre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir les accidents.
  • L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection, et le respect de la réglementation par l’exploitant. Elle procède à des inspections régulières, programmées ou inopinées.
  • Les ministères de l’Intérieur, de la Transition Ecologique et Solidaire, de la Défense et de la Santé, par leurs actions réglementaires.

Malgré toutes les précautions prises, un accident ne peut pas être totalement exclu et il convient de prévoir, tester et réviser régulièrement les dispositions nécessaires à la gestion d’une situation d’urgence radiologique.

Comment la radioactivité peut-elle m’atteindre ?

En dehors d’un accident nucléaire, chaque individu est soumis, tous les jours, à la radioactivité naturelle (rayonnements cosmiques et telluriques) liée principalement à son habitat et son mode de vie.

En cas d’accident nucléaire et en l’absence d’actions de protection, les rejets radioactifs peuvent atteindre l’homme de deux manières :

  • l’irradiation : c’est une exposition de l’organisme à des rayonnements issus d’une source radioactive ;
  • la contamination : c’est un dépôt sur ou dans le corps d’une substance radioactive.

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Quelle est la différence entre la contamination et l’irradiation ?

La contamination est provoquée par des particules radioactives déposées sur la peau ou qui sont ingérées ou inhalées. Ces particules sont comparables à de la poussière. La contamination peut être interne ou externe suivant qu’elle pénètre ou non dans le corps humain.

L’irradiation est provoquée par un rayonnement émis par la matière radioactive. Elle peut être comparée aux rayons du soleil.

Quels sont les risques sanitaires encourus ?

En l’absence de protection, les rejets radioactifs peuvent exposer l’homme à des rayonnements ionisants. Selon la dose de rayonnement reçue, on distingue deux types d’effets :

  • les effets aléatoires (dits stochastiques) : l’exposition à des rayonnements ionisants peut endommager l’ADN et provoquer, ou non, des effets à long terme. C’est au bout d’un certain temps que les conséquences peuvent apparaître et seulement sur certaines personnes : quelques années pour les leucémies et les cancers de la thyroïde de l’enfant, 20 à 40 ans pour d’autres cancers. Les cancers pouvant trouver leur origine dans différentes causes, parfois associées, il est difficile d’imputer de façon certaine un cancer à une exposition aux rayonnements ionisants ;
  • les effets systématiques (dits déterministes) : à la suite d’une irradiation intense, des cellules peuvent être détruites. Les tissus ou les organes sont alors endommagés. Ces effets s’expriment immédiatement ou après quelques jours (brûlures), de façon certaine et sur toute personne exposée. La gravité de ces effets dépend de la dose d’exposition.

Pourquoi avoir décidé d’étendre les PPI à 20 km ?

Cette extension résulte de la volonté du gouvernement d’élargir la zone de planification, en lien avec les recommandations des autorités européennes de sûreté nucléaire et de radioprotection et de tirer les leçons de l’accident de Fukushima.

La préparation de l’État, des collectivités et de l’ensemble des acteurs locaux a pour but d’améliorer la « culture » de prévention des risques de la population ainsi que la réactivité des acteurs de la gestion de crise, à travers notamment le déploiement des Plans communaux de sauvegarde (PCS).

Qu'est-ce qu'un PCS ?

Le plan communal de sauvegarde ou PCS est destiné à organiser la protection des populations. C’est un document obligatoire pour toutes les communes soumises à au moins un risque de sécurité civile qu’il soit naturel ou technologique. Toutes les communes situées dans l’aire d’un plan particulier d’intervention (PPI) doivent établir un PCS. Il recense d’une part les moyens et enjeux communaux, et, définit d’autre part, l’organisation pour assurer l’alerte, l’information et la protection de la population.

Cela signifie-t-il que l’ancien rayon de 10 km ne garantissait pas la sécurité des riverains ?

Auparavant déployé dans un rayon de 0 à 10 km autour de la centrale nucléaire, le PPI a été étendu jusqu’à 20 km sur décision du gouvernement non pas du fait d’un accroissement du risque mais dans le but d’améliorer la préparation des pouvoirs publics et des citoyens.

Si la limite des 10 km offrait déjà une protection efficace, le passage à 20 km permet également de suivre les recommandations des autorités européennes de sûreté et de radioprotection, d’harmoniser les périmètres européens d’intervention et de tirer les leçons de l’accident de Fukushima. Il s’agit d’améliorer l’information et la protection des personnes (culture de radioprotection) ainsi que la réactivité des acteurs de la gestion de crise.

Quelles sont les actions de protection des personnes en cas d’accident nucléaire ?

Le rôle des pouvoirs publics est de décider et mettre en œuvre les meilleures actions de protection des personnes.

Celles-ci peuvent être : la mise à l’abri, l’évacuation, la prise d’iode stable, les restrictions de consommation de denrées alimentaires.

La mise à l’abri est une action immédiatement applicable, notamment pour les accidents au déroulement rapide. Elle vise à éviter/atténuer :

  • l’exposition aux rayonnements par l’interposition de la « structure en dur » des bâtiments ;
  • le risque de contamination dû aux particules et aux gaz par le maintien des personnes dans des locaux clos et peu ventilés.

L’évacuation vise à éloigner les personnes des risques liés aux rejets, si possible avant que ceux-ci ne débutent ou tant qu’ils sont de faible intensité.

La prise de comprimés d’iode stable protège uniquement du risque que fait peser le rejet d’iode radioactif sur la thyroïde. Elle serait complétée par d’autres actions.

Des restrictions de consommation et de commercialisation (denrées alimentaires, lait, eau) pourraient également compléter le dispositif.

Qu’est-ce qu’une zone PPI ?

Le Plan particulier d’intervention (PPI) est un dispositif défini par l’État pour préparer et organiser au mieux la réponse des pouvoirs publics afin de protéger les personnes, les biens et l’environnement face aux risques liés à l’existence d’une installation nucléaire.
Ce plan détermine quels sont les moyens de secours mis en œuvre en cas d’accident. Le PPI est élaboré par les pouvoirs publics et fait partie du dispositif d’organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC) départemental.

Dans le cas des centrales nucléaires, la zone concernée par le PPI correspond à un rayon de 20 km autour de la centrale.

À part l'iode radioactif, quels sont les autres éléments radioactifs rejetés en cas d’accident nucléaire ? Comment s’en protéger ?

En cas d’accident nucléaire grave, d’autres éléments radioactifs nocifs pour la santé pourraient être rejetés (césium, strontium par exemple). Il pourrait également s’agir de gaz rares. Les comprimés d’iode ne protègent que de l’iode radioactif, c’est pourquoi d’autres actions seraient menées : la mise à l’abri, des restrictions alimentaires ou l’évacuation en fonction de la nature des rejets. Le préfet ordonne ces actions.

Comment gère-t-on les conséquences à long terme d’un accident nucléaire ?

Avec le retour à l’état maîtrisé de l’installation, les pouvoirs publics doivent mettre en place une gestion de la phase post-accidentelle, en s’appuyant en particulier sur le plan national de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur. Les maires ont un rôle majeur à jouer dans la mise en œuvre des actions sur le terrain.

Trois zones sont définies pour la gestion post-accidentelle :

  • une zone de protection des populations (ZPP) à l’intérieur de laquelle des actions sont nécessaires pour réduire l’exposition des personnes ;
  • une zone de surveillance renforcée des territoires (ZST), plus étendue et davantage tournée vers une gestion économique, au sein de laquelle une surveillance spécifique des denrées alimentaires et des produits agricoles et manufacturés sera mise en place ;
  • et, si les niveaux de contamination le justifient, un périmètre d’éloignement (PE) inclus dans la ZPP, et à l’intérieur duquel les résidents devront être éloignés pour une durée pouvant aller jusqu’à plusieurs mois ou plusieurs années.

L’alerte nucléaire

À quoi correspond une situation d’alerte ?

Une alerte correspond à la situation où les autorités diffusent un signal destiné à avertir les personnes d’un danger, qu’il soit imminent ou en train de produire ses effets, et susceptible de porter atteinte à leur intégrité physique et aux biens, nécessitant d’adopter un comportement réflexe de sauvegarde.

Comment suis-je averti(e) d’une alerte nucléaire ?

Si une alerte est déclenchée dans une installation nucléaire, les personnes environnantes sont averties :

  • soit par un message diffusé par les véhicules d’alerte ;
  • soit par le déclenchement des sirènes installées autour de l’installation en cause. Ces sirènes, au son modulé (montant et descendant) ont un signal qui dure trois fois 1 minute et 41 secondes espacées de 5 secondes.

La fin de l’alerte est donnée par un signal continu de 30 secondes.

Par ailleurs, la préfecture et les maires transmettent l’alerte à la population à l’aide de tous leurs moyens disponibles : sirènes, automates d’appels téléphoniques, réseaux sociaux, radio, télévision, équipement mobile de diffusion d’alerte (EMDA), etc.

Que faire en cas d’alerte ?

Si vous êtes proche d’une centrale nucléaire et que vous entendez une sirène, il faut, dans un premier temps vous mettre à l’abri et à l’écoute (médias, réseaux sociaux). Ainsi :

  • si vous êtes à l’intérieur d’un local (personnel ou professionnel), restez-y, fermez les portes et fenêtres ;
  • si vous êtes dehors, entrez dans le bâtiment le plus proche ;
  • si vous êtes en voiture, soit vous vous éloignez de l’installation nucléaire tout en respectant le code de la route, soit vous vous garez sans gêner la circulation et rejoignez le bâtiment le plus proche ;
  • si vous avez des enfants à l’école, n’allez pas les chercher. Vous pourriez être exposé à la radioactivité sur le trajet et entraver l’action conduite par les enseignants pour protéger vos enfants.

La phase de mise à l’abri ou confinement sera provisoire. Les pouvoirs publics (maires, préfets) transmettront les informations sur la conduite à tenir pour la population par tous les moyens disponibles, notamment par la télévision, la radio, les réseaux sociaux et des véhicules d’alerte.

Comment serai-je informé de l’accident et des actions de protection ?

En cas d’accident dans une installation nucléaire, EDF comme les pouvoirs publics ont un devoir d’information des personnes.

Le préfet informe les personnes des actions de protection qu’il a décidé de mettre en œuvre (mise à l’abri, prise de comprimés d’iode, évacuation) et des comportements qu’elles doivent adopter. La préfecture met un numéro d’appel à disposition du public pour renseigner toutes personnes sur la situation et la conduite à tenir. Ce numéro d’appel sera communiqué aux personnes concernées en cas d’accident.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et son appui technique, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), informent le public et les médias de l’état de sûreté de l’installation accidentée et des éventuels rejets dans l’environnement et des risques pour la santé des personnes et pour l’environnement.

De son côté, l’exploitant nucléaire doit informer le public de l’état des installations accidentées et de l’évolution prévisible de la situation.

Les médias, notamment les TV et radios locales, diffuseraient, régulièrement, des informations concernant la protection de l’environnement et des personnes.

Comment des personnes situées hors PPI peuvent-elles communiquer avec leurs proches situés dans le PPI ?

En cas d’accident nucléaire, il n’y aurait pas de « frontière » entre la zone PPI et l’extérieur ; les communications resteraient donc possibles entre les personnes à l’extérieur et les personnes situées dans la zone PPI. Toutefois, ces dernières devraient être limitées pour privilégier l’action des secours et éviter de saturer le réseau.

Par ailleurs, les pouvoirs publics et l’exploitant mettraient à disposition des numéros d’appel dédiés (CIP : cellule d’information du public) afin de donner les consignes à suivre et d’informer de la situation en cours.

L’iode stable

À quoi servent les comprimés d’iode ?

En cas de rejet radioactif, l’objectif des pouvoirs publics est de limiter au maximum l’exposition des personnes aux rejets radioactifs.

L’iodure de potassium, appelé iode stable, est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde. La prise d’iode stable, associée à la mise à l’abri est un moyen de protéger efficacement la thyroïde contre les effets de l’iode radioactif rejeté lors d’un accident nucléaire.

En cas d’accident nucléaire, le rejet d’iode radioactif dans l’atmosphère pourrait constituer un risque sanitaire pour les personnes. Respiré ou avalé, l’iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et accroît le risque de cancer de cet organe, surtout chez les enfants. L’iode stable sature la glande qui, ainsi, ne peut plus capter ou fixer l’iode radioactif.

Prendre ses comprimés d’iode sur instruction du préfet fait partie des actions de protection des personnes en cas d’accident avec l’évacuation, la mise à l’abri, etc.

Tout le monde peut-il prendre des comprimés d’iode ?

Tout le monde peut prendre des comprimés d’iode stable mais ils sont particulièrement recommandés pour les femmes enceintes (fœtus), les enfants et les jeunes car leur thyroïde est plus sensible.

Quelle est la posologie des comprimés d’iode ?

Chaque boîte contient 10 comprimés d’iode stable dosés à 65 mg. La posologie est la suivante :

  • Adulte : 2 comprimés (y compris les femmes enceintes et les jeunes de plus de 12 ans) ;
  • Enfant de 3 à 12 ans : 1 comprimé ;
  • Enfant de 1 mois à 3 ans : ½ comprimé ;
  • Nourrisson : ¼ de comprimé pour les bébés jusqu’à 1 mois.

ATTENTION : si vous souffrez d’une maladie thyroïdienne ou si vous avez des antécédents de pathologies thyroïdiennes, demandez conseil à votre médecin.

Est-il possible de développer une allergie à l’iode ?

Les allergies connues à l’iode sont extrêmement rares. En revanche, il est possible d’être allergique aux excipients contenus dans les comprimés d’iode, mais c’est également très rare. En cas d’allergie avérée, il existe une alternative aux comprimés d’iode qui est la solution iode-iodurée forte de Lugol. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

À quel moment doivent être pris ces comprimés ?

En cas d’accident nucléaire, le comprimé doit être pris lorsque le préfet en donne la consigne et uniquement à ce moment-là. Le préfet utilisera tous les moyens d’informations existants pour alerter les personnes et donner les consignes à suivre : les sirènes, la télévision, la radio, les véhicules avec haut-parleurs des pompiers et des gendarmes. C’est pourquoi il est très important de suivre les informations données sur France Bleu, France Info et France Télévisions, afin de vous tenir prêt.

J’ai avalé trop de comprimés par erreur. Est-ce dangereux ?

Non, l’iodure de potassium n’est pas toxique. Si vous avez avalé trop de comprimés, vous pourrez éventuellement noter une coloration brunâtre des muqueuses, des nausées, des vomissements, des troubles gastro-intestinaux.

J’ai eu une ablation de la thyroïde, les comprimés d’iode me servent-ils à quelque chose ?

Non, si vous avez eu une ablation totale de la thyroïde, les comprimés d’iode ne vous sont pas utiles. Si l’ablation de la thyroïde est partielle, la thyroïde est incapable de concentrer l’iode. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

La distribution des comprimés d’iode stable

Pourquoi distribue-t-on des comprimés d’iode dans la zone PPI ?

Les campagnes de distribution des comprimés d’iode ont pour objectif de mettre à disposition des riverains des centrales nucléaires des comprimés d’iode stable leur permettant de protéger leur thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

Ces campagnes de distribution ont lieu régulièrement depuis 1997 et concernent la zone du Plan particulier d’intervention (PPI), c’est-à-dire la zone située dans un rayon de 10 km autour de chaque centrale nucléaire. Depuis 2019 et l’extension des rayons des PPI, la pré-distribution a lieu jusqu’à 20 km.

Les campagnes de distribution d’iode stable concernent l’ensemble des établissements recevant du public (ERP), à savoir les écoles, administrations et entreprises publiques et privées, et les 2 200 000 personnes réparties dans les 1 100 communes concernées par le PPI.

Les campagnes de pré-distribution ont lieu au minimum tous les 7 ans du fait de la durée de validité des comprimés.

Quel est l’intérêt des campagnes d’information et de pré-distribution d’iode ?

Les campagnes de distribution d’iode stable sont l’occasion de sensibiliser sur les risques et de mobiliser les citoyens.

Le citoyen est au cœur de cette démarche, car, en dernier ressort, en cas de crise, c’est lui qui devra agir pour se protéger selon les consignes qu’il recevra.

Le citoyen est le premier responsable de sa sécurité. Il n’est pas de gestion de crise efficace sans implication du citoyen.

Dans ce but, de nombreux acteurs de terrain, comme les maires, les commissions locales d’information (CLI), les professionnels de santé, sont mobilisés aux côtés des pouvoirs publics et d’EDF afin de diffuser les informations relatives aux bons réflexes à avoir en cas d’alerte nucléaire.

Que dois-je faire des comprimés obtenus lors des campagnes précédentes ?

Si vous êtes en possession de comprimés périmés, vous devez les rapporter en pharmacie.

Si la prise de comprimés d’iode était nécessaire au-delà du rayon des 20 km, comment serait organisée la distribution ?

La prise d’iode stable s’appuie sur deux dispositifs de distribution :

  • une mise à disposition préventive, autour des installations présentant un risque d’émission d’iode radioactif (centrales nucléaires, certaines usines et bases navales), dans un rayon de planification défini dans les plans ORSEC–PPI. Cette distribution permet de répondre à des événements au déroulement rapide ;
  • une distribution en situation d’urgence dans le cadre des plans ORSEC iode départementaux. L’État a constitué des stocks de comprimés d’iode pour être en mesure de protéger les personnes se trouvant en dehors des périmètres définis autour des installations nucléaires et de couvrir les besoins de la population française en cas de risque d’exposition à de l’iode radioactif.

Santé Publique France est chargée de répartir les comprimés au niveau de ses plates-formes de stockage situées dans chaque zone de défense et de sécurité, ainsi que sur ses plates-formes départementales.

Santé Publique France est en mesure, à partir de ses plates-formes, de mettre les comprimés d’iode à disposition des préfets qui ont organisé des plans de distribution à la population, selon des modalités actualisées par une circulaire interministérielle datée du 11 juillet 2011 (plan ORSEC iode départemental). Si au vu des informations dont ils disposent, les préfets considèrent que la situation nécessite la prise de comprimés d’iode stable, les stocks sont déployés vers des points de distribution de proximité alors indiqués au public, notamment par la radio. Des mesures de mise à l’abri, évacuation ou restriction de consommation peuvent compléter ce dispositif, afin de soustraire les personnes à l’ensemble des risques liés à des rejets radioactifs.

Chaque préfet de département a donc la responsabilité de mettre en place un plan ORSEC iode départemental décrivant de façon concrète les modalités de mise en oeuvre de la distribution des comprimés (sites de distribution, tournées d’acheminement, etc.) en faisant notamment appel à l’échelon communal. Cette distribution permet de répondre à des événements dont l’étendue géographique est plus grande mais dont le déroulement est plus lent.

Où stocker les comprimés ?

Les comprimés doivent être stockés dans un endroit aisément mémorisable, sec et frais mais ne doivent pas être mis au réfrigérateur. Il est recommandé de ne pas stocker les comprimés d’iode dans une cuisine, une salle de bain ou une buanderie : la pièce où ils se trouvent ne doit pas être humide.

Le recours aux comprimés d’iode s’est-il déjà avéré nécessaire en France ?

Ce cas ne s’est jamais présenté en France. La distribution de boîtes de comprimés d’iode est une distribution préventive.

Mise à l’abri

Qu’est-ce que la mise à l’abri ?

La mise à l’abri consiste à gagner au plus tôt un bâtiment en dur, fermer portes et fenêtres, interrompre les ventilations mécaniques sans toutefois obstruer les prises d’air correspondantes. Une caravane, un véhicule ou une tente par exemple n’assurent pas une mise à l’abri efficace.

En cas d’accident sur une installation nucléaire, la mise à l’abri des personnes est une action qui vise un double objectif :

  • éviter ou réduire l’exposition à la radioactivité ;
  • permettre aux personnes concernées d’être informées, via la radio, la télévision et Internet, de l’évolution de la situation et des dispositions à prendre pour se protéger conformément aux instructions du préfet.

La mise à l’abri est une action qui ne peut être appliquée plus de quelques heures, compte tenu des contraintes qu’elle impose aux personnes. Son objectif est de soustraire les personnes au danger immédiat que pourrait représenter le passage d’un rejet radioactif. Une fois le rejet passé, la mise à l’abri serait levée et le préfet déciderait si les personnes peuvent rester sur place ou doivent être évacuées.

Que dois-je faire une fois à l’abri ?

Vous devez jusqu’à nouvel ordre rester à l’abri dans un bâtiment en dur, fermez toutes les fenêtres et ouvertures.

N’utilisez pas de système de ventilation sauf en mode recirculation.

Écoutez les messages des pouvoirs publics dans les médias publics locaux (France Bleu, France Info, France Télévisions, site internet préfectoral).

Respectez précisément les consignes des pouvoirs publics.

Limitez vos communications téléphoniques.

Vous pouvez consommer les denrées stockées à l’intérieur du bâtiment, boire et utiliser l’eau du robinet.

Préparez-vous à une éventuelle évacuation.

Pourquoi ne puis-je pas aller chercher mes enfants à l’école ?

Vos enfants sont en sécurité dans leur école où un plan de protection a été mis en place. Les enseignants prennent vos enfants en charge en cas d’alerte. En allant les chercher, vous risqueriez d’une part de vous exposer, ainsi que vos enfants, à la radioactivité et d’autre part de gêner la circulation des véhicules de secours.

Si la mise à l’abri est ordonnée par les pouvoirs publics, vos enfants seront mis à l’abri à l’école, sous la surveillance des enseignants.

Si l’évacuation est ordonnée, vos enfants seront évacués collectivement par des moyens de transports en commun.

Quand pourrai-je sortir de chez moi ?

Dès que les pouvoirs publics estiment qu’il n’y a plus de danger ou que d’autres actions de protection doivent être mises en œuvre, vous serez informé.

Puis-je utiliser mon téléphone pendant la mise à l’abri ?

Il est recommandé de limiter au maximum ses appels téléphoniques afin de ne pas encombrer le réseau téléphonique qui doit rester disponible pour la gestion des secours.

Réservez vos appels téléphoniques aux numéros d’information qui seront mis à votre disposition.

Que puis-je boire et manger ?

En cas de rejet radioactif, et sur décision des pouvoirs publics, les produits à ne pas consommer sont les produits frais tels que les légumes et les fruits produits sur place, ainsi que le lait de la ferme et l’eau du puits dans la zone concernée par l’interdiction.

Si vous vous êtes mis à l’abri, vous pouvez consommer les denrées stockées à l’intérieur du bâtiment.

Mon conjoint/ma conjointe travaille sur le site nucléaire. Est-ce que je peux le/la joindre pendant l’accident ?

En situation d’urgence, il est demandé aux personnes de ne pas encombrer les réseaux téléphoniques. De plus, pour ne pas déranger les équipes gérant la crise, il est recommandé aux familles des membres de ces équipes de ne pas chercher à les joindre.

Évacuation et éloignement

Pourquoi dois-je quitter ma maison ?

L’évacuation ou l’éloignement sont décidés afin d’éviter des risques d’irradiation et de contamination dus aux particules radioactives qui pourraient s’être déposées dans votre zone à la suite de l’accident.

Vous seriez informé par les pouvoirs publics du moment du départ.

Pour les personnes n’ayant pas de moyen de locomotion, un lieu de rassemblement leur serait indiqué afin qu’elles soient prises en charge.

Pour les personnes ayant un moyen de locomotion, un point de ralliement dans une zone sûre leur serait indiqué.

Restez à l’écoute des médias locaux (France Bleu, France Info et France Télévisions).

Que dois-je faire avant de quitter mon domicile ?

Fermez votre maison. Munissez-vous du kit d’urgence que vous aurez préparé au préalable : il comprend en particulier vos papiers personnels, vos éventuels traitements médicaux, des vêtements, de la nourriture et des boissons.

Quand pourrai-je retourner chez moi ?

Vous serez informé par les pouvoirs publics du moment du retour. La priorité des pouvoirs publics est de protéger la santé des citoyens.

Qu’est-ce que l’évacuation ?

L’évacuation est une action visant à déplacer, vers des lieux sûrs, les personnes concernées par une menace de rejet radioactif. En particulier, elle est justifiée si les rejets prévisibles peuvent conduire à des conséquences telles que les autres actions de protection (mise à l’abri, ingestion de comprimés d’iode stable) auraient une efficacité insuffisante.

Qui décide l’évacuation ?

L’évacuation des personnes relève d’une décision du préfet. L’organisation de cette évacuation est du ressort des pouvoirs publics locaux placés sous son autorité.

Qui prendrait en charge l’évacuation ?

Les pouvoirs publics locaux sont chargés de pourvoir aux moyens de transports publics et/ou privés qui seraient utilisés lors d’une évacuation, de même qu’ils sont chargés d’établir, en préalable à la crise, les itinéraires d’évacuation et de procéder à leur balisage le moment venu.

Où m’emmènerait-on ?

En cas d’évacuation, les pouvoirs publics mettraient en place, hors de la zone de risque, des centres d’accueil/hébergement pour les personnes isolées et les familles, ainsi que des centres d’accueil pour les établissements recevant du public tels que les établissements scolaires, les établissements de soins, les maisons de repos, les maisons de retraite, etc.

Par ailleurs, en cas de besoin, des centres de contrôle de la contamination des personnes seraient mis en place.

Pourrais-je utiliser ma voiture ? Quels itinéraires pourrais-je emprunter ?

L’évacuation des personnes présentes à proximité de l’installation nucléaire accidentée, décidée par le préfet, est organisée par les pouvoirs publics. L’auto-évacuation est privilégiée et implique donc l’utilisation de sa voiture personnelle. En l’absence de moyens de transports personnels, les pouvoirs publics mettront à disposition des moyens pour évacuer les personnes valides concernées ; les personnes vulnérables ou à mobilité réduite étant prises en charge de façon spécifique.

Dans le cadre du PPI, et pour permettre une évacuation optimale, des itinéraires ont été planifiés. Des barrières, déviations, etc. permettront d’orienter les automobilistes vers les centres d’hébergement prévus.

Animaux de compagnie

J’ai des animaux de compagnie, comment puis-je les protéger en cas d’alerte ?

Si l’alerte vient d’être donnée, vous pouvez mettre à l’abri vos animaux de compagnie, dans la mesure où leur mise à l’abri est facile à réaliser. Vous ne devez en aucun cas vous mettre en danger, mettre en danger les autres ou entraver l’action des secours afin de mettre un animal de compagnie à l’abri.

Puis-je prendre avec moi mon animal de compagnie en cas d’évacuation ?

Pendant la phase d’urgence, une évacuation des personnes peut également s’avérer nécessaire. Une séparation liée à une incertitude sur le sort de l’animal peut être douloureuse pour le propriétaire. Si cela ne porte pas atteinte à votre sécurité et à celle des autres, vous pourrez être autorisé à emmener votre animal de compagnie.

Dois-je donner des comprimés d’iode à mes animaux de compagnie en cas d’alerte ?

On déconseille l’administration d’iode stable aux animaux. L’analyse des avantages et des inconvénients d’une telle administration est nettement en sa défaveur : outre le niveau faible du risque sanitaire qu’elle est appelée à prévenir, elle ne présenterait un intérêt que chez l’animal radiosensible, c’est-à-dire le jeune et principalement le très jeune animal (moins de 3 mois).

J'ai un cheval ou un âne ?

Parmi les animaux d’agrément, il existe des espèces herbivores : chevaux, ânes, etc. En cas de déplacement des personnes, la solution la plus réaliste pour ces animaux, dans la mesure où ils bénéficient d’un pré, pourra être de les y laisser.

Dans un second temps, il conviendra d’examiner la possibilité de les déplacer ou, en fonction du degré de contamination de l’herbe, de leur apporter une alimentation non contaminée.

Éleveurs

Comment puis-je protéger mes animaux en cas d’alerte ?

En situation d’urgence radiologique, le risque sanitaire pour l’animal est assez faible. C’est pourquoi les actions recommandées pour prévenir son exposition doivent être très simples d’application et ne jamais entraver celles nécessaires à la protection des personnes.

Pour les animaux d’élevage au regard du nombre parfois important d’animaux, si des actions de protection des personnes sont décidées (ex. mise à l’abri), aucune action de protection des troupeaux ne doit être engagée.

Si les personnes n’ont pas d’action de protection d’urgence à mettre en œuvre, il est possible d’engager des actions qui limiteront la contamination future des animaux. Il s’agit de mettre en œuvre des actions visant d’une part à protéger l’élevage et limiter son exposition à la contamination radiologique, d’autre part à protéger les stocks d’aliments sur l’exploitation. Il peut être recommandé de :

  • rentrer ou maintenir les animaux à l’intérieur, afin de limiter leur contamination interne par ingestion d’herbe contaminée ;
  • protéger les stocks et le matériel, afin de limiter leur contamination (fermeture des bâtiments et des silos de stockage, couverture des stocks de fourrage présents sur l’exploitation) ;
  • fermer, si possible, les bâtiments d’élevage.

Si une évacuation est mise en œuvre pour les personnes et que le retour de ces personnes n’est pas possible dans les jours qui suivent, des intervenants seront spécifiquement missionnés afin d’apporter les soins indispensables aux animaux (eau, nourriture, traite, etc.). Dans un second temps, ces animaux pourront être déplacés vers des territoires moins contaminés où une alimentation conforme pourra leur être fournie, afin de faciliter leur décontamination.

Mon bétail doit-il prendre des comprimés d’iode ?

On déconseille l’administration d’iode stable aux animaux. L’analyse des avantages et des inconvénients d’une telle administration est en sa défaveur : outre le niveau faible du risque sanitaire qu’elle est appelée à prévenir, elle ne présenterait un intérêt que chez l’animal radiosensible, c’est-à-dire le jeune et principalement le très jeune animal (moins de 3 mois).

Que faire avec mes animaux d’élevage en cas d’évacuation ?

Dans le cas où une évacuation des personnes est nécessaire, il n’est pas envisageable d’évacuer également les animaux d’élevage. Au cas où les personnes ne peuvent pas retourner dans la zone dans les jours qui suivent, des intervenants seront spécifiquement missionnés afin d’apporter les soins indispensables aux animaux (eau, nourriture, traite, etc.). Dans un second temps, ces animaux pourront être déplacés vers des territoires moins contaminés où une alimentation conforme pourra leur être fournie, afin de faciliter leur décontamination.

Les acteurs de la gestion de crise en cas d’alerte nucléaire

Le rôle des préfets

En cas d’alerte nucléaire, le préfet devient directeur des opérations, c’est-à-dire qu’il coordonne la réponse des pouvoirs publics. Il décide notamment des actions à mettre en place à la fois pour sécuriser la zone concernée par l’alerte nucléaire et pour protéger les personnes. C’est lui qui ordonne aux personnes de prendre leurs comprimés d’iode et qui décide d’une évacuation.

Le rôle des maires

En cas d’alerte nucléaire, la mission des maires est d’aider à la mise en œuvre sur le territoire de leur commune des actions de protection des personnes décidées par le préfet (mise à l’abri, évacuation, prise d’iode, etc.).

Afin de se préparer à une telle éventualité, l’ensemble des actions à engager par les maires est répertorié dans un plan communal de sauvegarde (PCS) de la commune. Ce plan décrit l’organisation à mettre en place par la commune en cas d’alerte et les moyens mis à disposition afin de remplir ce but.

Le rôle de l’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de société éclairés.

En situation d’urgence, l’ASN a 4 missions essentielles :

  • Contrôler le bien-fondé des actions conduites par l’exploitant ;
  • Conseiller les autorités quant aux actions de protection des personnes et de l’environnement ;
  • Informer le public et les médias de l’état de sûreté de l’installation concernée et des éventuels rejets dans l’environnement, de leurs risques pour la santé et pour l’environnement ;
  • Adresser et recevoir les notifications et demandes d’assistance internationales.

Le rôle de l’IRSN

L’Institut de la radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé notamment de la recherche et de l’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques.

En cas d’incident ou d’accident impliquant des sources de rayonnements ionisants, l’IRSN réalise une expertise sur laquelle s’appuieront les pouvoirs publics et les autorités pour mettre en œuvre des actions d’ordres technique, sanitaire et médical, propres à assurer la protection des personnes, des travailleurs et de l’environnement et à rétablir la sécurité des installations.

Le rôle d’EDF

EDF est l’exploitant de la centrale nucléaire. En cas d’accident nucléaire, il doit mettre en place son Plan d’urgence interne (PUI) qui définit les actions à mettre en œuvre sur le site afin de ramener l’installation dans un état sûr et limiter au maximum les conséquences sur les personnes et les biens.

EDF doit en parallèle informer de manière exhaustive les autorités publiques chargées de la sûreté nucléaire et de la radioprotection ainsi que le préfet qui dirige les opérations de protection des personnes.