Professionnels de santé

LA CAMPAGNE

Elle vise à sensibiliser les particuliers et les responsables d’Établissements Recevant du Public (ERP) à la nécessité de retirer leurs comprimés d’iode en pharmacie. Plus généralement, elle s’efforce de développer une culture de la « radioprotection » chez les citoyens.

Visuel présentation de la campagne d'iode

Cette campagne est rythmée par plusieurs temps forts :

• l’organisation de réunions d’information à l’attention des particuliers et des ERP en janvier 2016 ;
• l’envoi des bons de retrait des comprimés d’iode début février 2016 ;
• une sensibilisation jusqu’à l’automne 2016 visant à rappeler l’importance d’aller retirer ses comprimés d’iode.

En tant que professionnel de santé exerçant dans une commune concernée par la distribution préventive d’iode, votre rôle dans cette campagne est déterminant. Ce site internet vous donne les informations dont vous aurez besoin tout au long de la campagne.

Les outils à votre disposition

Un kit de communication vous a été remis, il contient des outils pour vous aider à communiquer auprès de vos patients (affiches, brochure d’information sur l’iode) et des éléments de réponse aux questions qui pourraient vous être posées.

Des affiches et des brochures supplémentaires sont disponibles auprès du service communication de la centrale EDF.

 

Visuel kit de communication campagne de distribution d'iode pour les maires

PROFESSIONNELS DE SANTÉ, QUEL EST VOTRE RÔLE ?

picto campagne de distribution d'iode : les médecins MÉDECINS

 

En tant que médecin, vous aurez, auprès de vos patients, un rôle essentiel d’information, de sensibilisation et d’incitation au retrait des comprimés d’iode. L’éventualité de la prise d’iode peut en effet soulever certaines questions : dans ce cas, vos patients sont susceptibles de se tourner vers vous pour avoir des réponses.

Plusieurs outils sont à votre disposition :
• deux affiches d’information à apposer dans votre cabinet à partir du 1er février 2016  ;
• des dépliants pédagogiques sur l’iode et les réflexes à avoir en cas d’alerte nucléaire à distribuer aux patients qui le souhaitent ;
• un document d’informations médicales sur l’iode stable et les risques sanitaires liés à la radioactivité.

Enfin, les comprimés d’iode seront disponibles en pharmacie dès le 1er février : vous pourrez dès cette date inciter vos patients à faire cette démarche.

 

picto campagne de distribution d'iode : les medecins PHARMACIENS

Inciter au retrait et distribuer les comprimés d’iode

En tant que pharmacien, votre rôle est central dans le dispositif de la campagne, puisque c’est à vous qu’il revient de distribuer aux riverains et aux ERP les comprimés d’iode dont ils ont besoin. À partir du 1er février 2016, vous pourrez inciter vos clients à retirer leurs comprimés d’iode : à chaque visite, parlez-en.

Sensibiliser les patients

En tant que professionnel de santé de proximité, les riverains s’adresseront spontanément à vous afin de vous poser des questions sur l’iode stable et les risques sanitaires liés à la radioactivité. Vous pourrez alors utiliser les dépliants pédagogiques qui vous ont été remis par le service communication d’EDF et vous aider des informations médicales et des articles scientifiques qui vous ont été remis dans le kit de communication.

Renseigner l’interface de retrait des comprimés

Afin de disposer d’un suivi précis du nombre de retraits des comprimés d’iode et pour faciliter la gestion des bons de retrait, de nouvelles modalités ont été mises en place et vous ont été présentées dans le kit de communication. Le mode d’emploi remis dans le courrier reçu en janvier doit répondre à l’ensemble de vos questions.

 

picto campagne de distribution d'iode : les vétérinaires et les infirmiers AUTRES PROFESSIONNELS DE SANTÉ

Vétérinaires

Vous êtes vétérinaire, vos clients vous poseront certainement des questions sur la conduite à tenir vis-à-vis des animaux en cas d’alerte nucléaire. Dans ce cas, il est essentiel de rappeler qu’il n’est pas nécessaire de donner des comprimés d’iode aux animaux et qu’il ne faut en aucun cas se mettre en danger pour les mettre à l’abri. Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur la conduite à tenir avec les animaux en cas d’alerte nucléaire dans la foire aux questions (FAQ) disponible sur ce site.

Infirmiers

Vous êtes infirmier, vos patients vous poseront certainement des questions sur l’iode stable et les risques sanitaires liés à la radioactivité. Vous pourrez les conseiller grâce à la foire aux questions (FAQ).

QUESTIONS DE SANTÉ

En quoi l’iode stable protège-t-il la thyroïde ?

• La thyroïde capte naturellement l’iode. En cas d’accident nucléaire, le rejet d’iodes radioactifs dans l’atmosphère contribue de façon importante au risque sanitaire pour la population.

• Il est donc indispensable de protéger la thyroïde contre l’iode radioactif (131) : celui-ci, lorsqu’il est inhalé, favorise le développement de tumeurs, en particulier chez l’enfant. L’iodure de potassium sature la thyroïde en iode stable et empêche ainsi la fixation des iodes radioactifs. Telle une éponge gorgée d’eau, elle ne peut plus en absorber davantage.

L’intérêt de la protection de la thyroïde est-il démontré ?

• Après l’accident de Tchernobyl, son utilité a été prouvée en Pologne, le pays où, en dehors de l’Ukraine et de la Biélorussie, les doses à la thyroïde ont été les plus élevées.

Les 29 et 30 avril 1986, les autorités polonaises ont distribué des doses d’iode stable à 10,5 millions d’enfants et 7 millions d’adultes. A ce jour, aucune augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde n’a été mis en évidence en Pologne.

Y a-t-il des contre-indications à la prise d’iode ?

• Les contre-indications sont exceptionnelles car l’iode est indispensable à la vie. Les allergies éventuelles peuvent être le fait d’excipients. Le risque d’allergie est très limité : 1 cas sur 10 millions de comprimés administrés.

• Quant aux personnes traitées pour une maladie thyroïdienne, elles prendront le comprimé d’iode stable en veillant toutefois à consulter leur médecin dans les semaines suivantes.

• Aucun traitement n’est incompatible avec la prise d’iodure de potassium. Il n’y a qu’en cas de certaines coprescriptions (anti-thyroïdiens de synthèse, lithium, diurétiques, anti-inflammatoires, thérapie par l’iode radioactif) qu’il est recommandé de faire un bilan de la fonction thyroïdienne.

La prise d’iode entraîne-t-elle des effets indésirables ?

• Ce risque est très faible ou comparable à beaucoup d’autres médicaments. On constate parfois les effets suivants : goût métallique en bouche, nausées, vomissements, diarrhées, gastralgies, troubles du rythme cardiaque, hyperthyroïdie. Plus rarement : hypothyroïdie, éruptions cutanées.

Et en cas de surdosage ?

• Une coloration brunâtre des muqueuses, des nausées, des vomissements, des troubles gastro-intestinaux, peuvent indiquer un surdosage.

Enfants ou adultes, toutes les personnes peuvent-elles prendre sans danger des comprimés d’iode ?

• Oui, les comprimés d’iodure de potassium de 65 mg peuvent être administrés à tous, pourvu que soit respectée la posologie selon l’âge des uns et des autres.
– Adultes, y compris les femmes enceintes et les jeunes de plus de 12 ans : 2 comprimés ;
– Enfants de 3 à 12 ans : 1 comprimé ;
– Enfants de 1 mois à 3 ans : ½ comprimé ;
– Bébés jusqu’à 1 mois : ¼ de comprimé.

Certains spécialistes estiment que l’iode stable n’est pas indispensable pour les adultes ?

• Plus la personne est jeune, plus sa thyroïde est sensible à la fixation de l’iode, et plus la prise d’iodure de potassium lui est indispensable. C’est pourquoi les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes sont à protéger en priorité. Pour les adultes, la prise d’iode demeure cependant justifiée car on ne peut déterminer une limite d’âge à son efficacité.

Peut-on administrer de l’iode à un animal de compagnie ?

• On déconseille la distribution d’iode aux animaux pour des raisons multiples.
L’analyse des avantages et des inconvénients d’une telle distribution est nettement en sa défaveur : outre le niveau faible du risque sanitaire qu’elle est appelée à prévenir, elle ne présenterait un intérêt que chez l’animal radiosensible, c’est-à-dire le jeune et principalement le très jeune animal (moins de 3 mois), chez qui la posologie doit être déterminée avec précision.

Que faire des anciennes boîtes ?

Les boîtes de comprimés d’iode de 2009 sont à collecter et à remettre à l’association Cyclamed qui élimine ces Médicaments dans le respect des règles environnementales à des fins de valorisation énergétique et pour préserver la sécurité sanitaire domestique.

Un dispositif de protection amélioré

• Jusqu’en 1996, les comprimés d’iode étaient stockés à proximité des sites nucléaires. En cas d’alerte, et sur ordre du préfet, il était prévu de les distribuer à la population dans un rayon de 10 km (la zone du Plan Particulier d’Intervention (PPI)).

• Pour les délivrer plus rapidement en phase d’urgence, les pouvoirs publics ont décidé en 1997 d’organiser une distribution préventive, à raison d’une campagne tous les sept ans. EDF prend en charge les frais d’approvisionnement et de distribution.

• Les comprimés d’iode stable se présentent en tablettes de 10 comprimés sécables en 4, à administrer par voie orale. Ils ont une durée de validité de 7 ans. Ils doivent être stockés dans un endroit propre, sec, facilement accessible et mémorisable.

• Auparavant dosés à 130 mg, ils sont désormais dosés à 65 mg d’iodure de potassium. Cela est également le cas dans les pays voisins (Allemagne, Belgique et Suisse, etc.).

• Ces comprimés sont quadri-sécables, pour être plus facilement administrés aux enfants et aux nourrissons.

• Ce médicament est fabriqué par la Pharmacie Centrale des Armées. Il a naturellement reçu une autorisation de mise sur le marché. Comme pour tout médicament, il est recommandé de prendre connaissance de la notice.

Les propriétés de l'iode

• L’iode est un oligo-élément précieux pour la physiologie humaine. C’est un composant essentiel des hormones thyroïdiennes, indispensables au développement et à la croissance du système nerveux. Il est essentiellement fourni par notre alimentation.

• C’est aussi un puissant bactéricide, utilisé depuis la fin du XIXe siècle (povidone iodée, teinture d’iode, alcool iodé, etc.).

• L’iode ne compte qu’un seul isotope stable : l’iode 127. Les autres isotopes sont radioactifs, le principal étant l’iode 131. Sa période radioactive est de 8 jours. Deux mois plus tard, son niveau de radioactivité chute de 99 %. Il ne s’accumule donc pas dans l’environnement.

• L’iode radioactif est l’un des plus importants composants des rejets à la suite d’un accident nucléaire.

Quelles sont les doses critiques ?

• Aucun cancer thyroïdien n’a été observé après une dose absorbée en dessous de 100 mSv à la glande. C’est à partir de 500 mGy qu’une augmentation du risque de cancer de la thyroïde a été relevée chez l’adulte. Dans le cas de l’enfant et par prudence, le seuil est fixé à seulement 50 mSv.

• Pour une même dose, l’effet est plus faible lorsque le débit de la dose est plus faible.

Évolution des pratiques diagnostiques

L’incidence du cancer de la thyroïde est très sensible aux pratiques diagnostiques et cliniques, qui ont beaucoup évoluées(3). Ces évolutions permettent d’expliquer l’augmentation de l’incidence observée sur les 30 dernières années, grâce à des examens de plus en plus complets et précoces, en utilisant notamment l’échographie et la cytoponction thyroïdienne.

Le cancer de la thyroïde après exposition aux rayonnements ionisants

Résumé

Pas d’effet décelable pour des doses < 100 mSv à la thyroïde chez l’adulte et 50 mSv chez l’enfant.

• Les cancers de la thyroïde sont en constante augmentation depuis les années 70, dans tous les pays dits « développés ». Cette augmentation s’explique notamment par un meilleur dépistage des petits cancers de la thyroïde par échographie et cytoponction et des cancers quiescents*. À noter, le dépistage de masse peut sur-diagnostiquer des pathologies qui seraient restées quiescentes.

• À Tchernobyl, aucune mesure de protection des populations n’ayant été prise, l’irradiation importante de la thyroïde (entre 1 et plus d’une dizaine de Grays) par les isotopes radioactifs de l’iode ont provoqué 7 000 cancers de la thyroïde survenus chez les sujets jeunes qui habitaient la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie.

L’iodure de potassium : une mesure efficace en cas d’accident nucléaire, dont l’innocuité a été largement soulignée par les endocrinologues.

(*) cancers quiescents : cancers au sens histologique du terme, puisqu’il y a bien des cellules cancéreuses. Cependant, même si la présence de cellules cancéreuses est avérée, le cancer ne se manifeste pas pour autant, une ou quelques cellules cancéreuses ne suffisent pas pour développer la maladie, dans la mesure où la cancérogénèse est un phénomène complexe, faisant intervenir les défenses naturelles, en particulier immunitaires.

Mise au point

L’irradiation de la thyroïde pendant l’enfance peut provoquer des cancers de la thyroïde.

Les anomalies tumorales

La thyroïde est un des organes les plus sensibles chez l’enfant à l’action cancérigène des radiations ionisantes. De nombreuses études épidémiologiques réalisées chez les survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, et chez des sujets irradiés par voie externe pour des pathologies bénignes ou malignes ont montré que l’irradiation externe augmente le risque de tumeurs de la thyroïde, dont environ 20 % sont des cancers(1),(2). Ces cancers sont le plus souvent papillaires, et sont traités par thyroïdectomie totale et radiothérapie métabolique à l’iode 131. Le pronostic à long terme est favorable(1).

Les caractéristiques du cancer de la thyroïde après irradiation

• l’âge au moment de l’irradiation : la susceptibilité à l’effet carcinogène de l’irradiation de la thyroïde est fonction de l’âge, maximum dans la petite enfance, elle décroît rapidement avec l’âge pour devenir quasi-nulle au-delà de 45 ans(3) ;
• le genre : risque plus élevé chez la fille que chez le garçon(3) ;
• l’intervalle de temps entre apparition du cancer et irradiation : délai minimum de 5 à 10 ans, pic maximum d’incidence 15-25 ans après l’irradiation, diminution progressive de l’incidence après 30 ans qui reste toutefois supérieure à l’incidence dans une population témoin non irradiée(3),(4).

Les données épidémiologiques

• L’augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde
Depuis les années 1970, on observe une augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde (6-8% par an), et ceci de façon comparable dans tous les pays industrialisés(8),(9). Cette augmentation concerne des tumeurs petites et localisées(4),(9). Cette augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde observée dans la plupart des pays industrialisés, dont la France, depuis le début des années 1970, donc bien avant l’accident de Tchernobyl, doit donc être attribuée à un meilleur dépistage des petits cancers de la thyroïde par échographie et cytoponction, et éventuellement – si une augmentation vraie de l’incidence était démontrée – à d’autres facteurs tels que l’augmentation de la fréquence de l’obésité, l’augmentation de la fréquence des thyroïdites auto-immunes et d’éventuels facteurs environnementaux. La majorité des petits cancers de cette glande peuvent rester quiescents et ne sont découverts que lorsqu’ils sont recherchés(3),(9).

• Le cancer après irradiation
Le risque de cancer de la thyroïde radio-induit a été démontré aussi bien chez les survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki que chez les enfants traités par radiothérapie pour un premier cancer ou même une affection bénigne si la région thyroïdienne était dans le champ d’irradiation(2),(4),(6). Les études montrent que le risque de développer un cancer de la thyroïde est d’autant plus important que le sujet est jeune.

• L’accident de Tchernobyl
2 millions d’enfants âgés de moins de 18 ans vivaient dans des régions contaminées par les iodes radioactifs(3),(7).
– En 1990, les premiers cas de cancer de la thyroïde ont été observés chez les enfants de moins de 14 ans : l’irradiation importante de la thyroïde (entre 1 et plus d’une dizaine de Grays) par les isotopes radioactifs de l’iode ont provoqué 7 000 cancers de la thyroïde survenus chez les sujets jeunes qui habitaient la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie.
– La contamination par les iodes radioactifs est liée d’une part à l’inhalation, d’autre part à la consommation sur place de produits frais contaminés. Il faut aussi souligner que le risque de cancer de la thyroïde s’est avéré plus élevé pour les populations carencées en iode.
– Le risque est important chez les enfants contaminés peu après la naissance et in utero. Les enfants nés plus d’un an après l’accident de Tchernobyl ont un risque non augmenté.
– En dehors des régions limitrophes d’Ukraine, de Biélorussie et de Russie, aucune augmentation des cancers de la thyroïde n’est attribuable à la contamination liée à l’accident.
En France, la dose délivrée à la thyroïde des enfants a été au maximum de quelques mSv. Dans les années qui ont suivi l’accident, les registres n’ont décelé aucune augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde chez l’enfant.

Les principes de protection de la thyroïde par l’iode

En cas de relâchement d’iodes radioactifs dans l’atmosphère lors d’un accident nucléaire, la prévention de l’irradiation de la thyroïde est réalisable par une contre-mesure simple et efficace : la prise d’iode stable sous forme d’iodure de potassium en quantité suffisante pour saturer la thyroïde, l’empêchant ainsi de fixer les iodes radioactifs(1),(3).

Les références bibliographiques principales

(1)Schlumberger M. Conséquences de l’irradiation de la thyroïde. Médecine Nucléaire – Imagerie fonctionnelle et métabolique-2002 ; Vol 26 (N°3) :156-159.
(2)Preston DL et al. Solid cancer incidence in atomic bomb survivors: 1958-1998. Radiat Res 2007;168:1-64.
(3)Schlumberger M et al. Cancer de la thyroïde après exposition aux rayonnements ionisants. Cancer/radiothérapie 2011. Doi:10.1016/j.canrad.2011.05.002
(4)Sinnot B et al. Exposing the thyroid to radiation: A review of its current extent, risks, and implications. Endocr rev 2010 Oct;31 (5):756-73.
(5)Ron et al. Thyroid cancer after exposure to external radiation: a pooled analysis of seven studies. Radiat Res 1995;141:259-77.
(6)Bhatti P et al. Risk of second primary thyroid cancer after radiotherapy for a childhood cancer IN a large cohort study: an update from the childhood cancer survivor study. Radiat Res 2010:174:741-52.
(7)M. Schlumberger, B. Le Guen. Accident de centrale nucléaire et risque de cancer de la thyroïde. Les conséquences de  Tchernobyl. Médecine/Sciences 2012 ;28 :746-756.
(8)Pellegriti G et al.Worldwide increasing incidence of thyroid cancer : update on epidemiology and risk factors. J Cancer Epid Vol 2013 (2013) , Article ID 965212
(9)Leenhardt L, Grosclaude P. Epidémiologie des cancers thyroïdiens dans le monde. Annales d’endocrinologie 72 (2011) 136-148. Doi : 10.1016/j.ando.2011.03.025

L’iode 131 : prévention

Résumé

• L’iode 131 est un isotope radioactif de l’iode.

• Libéré en grandes quantités dans l’atmosphère, les iodes radioactifs peuvent contaminer les personnes exposées par inhalation ou par ingestion d’aliments contaminés.

• Au delà d’une d’exposition de la thyroïde de 100 mSv, les iodes radioactifs qui se concentrent rapidement dans la thyroïde, peuvent entraîner le développement de tumeurs de la thyroïde, particulièrement chez l’enfant.

• La prophylaxie de l’irradiation de la thyroïde se fait par l’administration d’iode stable (saturation de la thyroïde), qui empêche la concentration des iodes radioactifs au sein de la thyroïde.

• En cas d’accident nucléaire comportant des rejets d’iodes radioactifs, les autorités françaises, responsables de la protection des populations, ont fixé le seuil de prise des comprimés d’iode stable à une dose de 50 mSv à la thyroïde, afin de protéger les populations les plus sensibles (fœtus et jeunes de moins de 18 ans) et d’accorder la pratique française à celle des pays limitrophes.

Mise au point

Le métabolisme dans la thyroïde : Rappel des propriétés de l’iode

La période physique de l’iode 131 est de 8 jours. L’iode 131 est émetteur béta et gamma ; il est volatile.

Les iodes radioactifs inhalés et/ou ingérés ont exactement le même métabolisme que l’iode stable, indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Par conséquent, en cas d’inhalation et/ou d’ingestion d’iodes radioactifs, ceux-ci sont captés, métabolisés et concentrés dans la thyroïde.

La thyroïde du fœtus, de l’enfant et de l’adolescent, est particulièrement radiosensible. À incorporation égale d’iode radioactif, la concentration dans la thyroïde sera pour ces populations supérieure à celle de l’adulte, compte tenu de la différence de volume de la thyroïde (la thyroïde de l’adulte pèse environ 20 grammes alors que, par exemple, celle d’un enfant de 5 ans pèse environ 5 grammes).

D’autre part, l’activité mitotique est plus importante dans ces tranches d’âge que chez l’adulte.

L’utilisation médicale de l’iode 131

L’iode 131 est utilisé depuis plus de 50 ans pour l’exploration morphologique de la thyroïde et pour le traitement de l’hyperthyroïdie et des cancers de la thyroïde :
• Visée diagnostique (Exploration/imagerie) : scintigraphie
• Visée thérapeutique : thyrotoxicose, cancer de la thyroïde et de métastases. Les données médicales n’ont pas mis en évidence d’effet cancérigène significatif de l’iode 131 sur la thyroïde à l’âge adulte(1),(2).

La prévention

• Les principes de protection de la thyroïde par l’iode stable
En cas d’accident nucléaire, la prévention de l’irradiation de la thyroïde est réalisable par une contre-mesure simple et efficace : la prise d’iode stable sous forme d’iodure de potassium en quantité suffisante pour saturer la thyroïde, l’empêchant ainsi de fixer les iodes radioactifs. La protection de la thyroïde par la prise d’iode est efficace. Le blocage de la fixation des iodes radioactifs par l’iodure de potassium réduit de 98% l’irradiation de la thyroïde si l’iode stable est pris quelques heures avant la contamination, de 90% si la prise est faite simultanément à la contamination, puis décroît dans les heures suivantes, l’efficacité étant de 50% si la prise a lieu 6 heures après la contamination(1). L’iodure de potassium se présente sous forme de comprimés de 65mg quadri-sécables, permettant ainsi l’administration à tout âge(1). Les posologies sont les suivantes :
• 2 comprimés pour les adultes – y compris les femmes enceintes – et les jeunes de plus de 12 ans
• 1 comprimé pour les enfants de 3 à 12 ans
• un demi-comprimé pour les enfants de 1 mois à 3 ans
• un quart de comprimé pour les bébés jusqu’à 1 mois Les comprimés d’iode n’entraînent que très exceptionnellement des effets secondaires. Le risque d’allergie est exceptionnel et serait essentiellement attribuable aux excipients.
En cas d’accident nucléaire, le comprimé doit être pris lorsque le préfet en donne la consigne et uniquement à ce moment-là.

Les références bibliographiques principales

(1)Schlumberger M et al. Cancer de la thyroïde après exposition aux rayonnements ionisants. Cancer/radiothérapie 2011. Doi:10.1016/j.canrad.2011.05.002.
(2)P. Hall et al. Thyroid cancer after diagnostic administration of iodine-131. Rad Research 1996;145:86-92.